Traduction de la première moitié du texte
Re: Nouveau 'Parcours' d'une ex-assistante (récente) de Rawat -- Jean-Michel Post Reply Top of thread Forum
Posted by: Jean-Michel ®
06/03/2004, 00:16:47

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Comment ai-je fini par me retrouver ici ? J’ai l’impression de me réveiller d’une longue sieste débutée il y a 30 ans, je n’arrive pas à croire que tant d’années aient passé ………

J’avais 18 ans, c’était ma première année de collège, et j’avais entendu parler d’un jeune prince hindou auquel beaucoup de gens faisaient plein de cadeaux matériels. Ca m’a été présenté ainsi; mes camarades de classe du collège avaient entendu un mahatma qui parlait à l’association des étudiants. Ils m’ont amenée à l’ashram pour voir de quoi il s’agissait. J’avais quelques doutes, mais après quelques meetings, j’étais totalement convaincue. J’ai terminé mon deuxième trimestre, et j’ai rejoint l’ashram, abandonnant le collège et toute chance de faire des études – ce à quoi j’avais pourtant été préparée.

Ce qui m’avait principalement accroché, c’était mon désir d’avoir une explication du sens de la vie. Pourquoi Dieu ne nous avait-il pas donné un mode d’emploi ? J’avais rejeté la religion chrétienne à cause de l’hypocrisie que j’y voyais. L’affirmation selon laquelle “le maître parfait est toujours là pour donner la véritable connaissance” avait alors un sens pour moi. Je voyais les premies “blissed out”; ils avaient les pupilles dilatées sans prendre de drogue. Je me disais que ça avait dû être ainsi du temps de Jésus.

J
’ai vécu 7 ans dans les ashrams, jusqu’à leur phase finale. Je l’ai quitté en 1974 pendant 1 an ½ pour aller propager en West Virginia. J’ai vécu 6 mois à la  “City of Love and Light” (San Antonio), puis je suis allée à Detroit pour y être “mère” (d’ashram). J’y suis tombée amoureuse d’une femme, et nous avons vécu 6 mois ensemble.

Puis il y a eu Atlantic City. J’ai mis fin à cette relation, et j’ai déménagé vers une grande ville de la côte Est. Puis je me suis retrouvée à l’ashram. On m’a envoyée à Miami en 1979 pour 4 mois. J’ai travaillé à la mise en place du système national de dons à la DLM, je déposais les fonds à la banque, et j’étais la trésorière des personnes qui vivaient là bas. J’ai été très surprise des coutumes locales. Les gens travaillaient toute la journée, ils allaient le soir au satsang, et ils retournaient faire encore quelques heures de service avant d’aller se coucher ! Il fallait le faire pour être dans le coup, une sorte d’enthousiasme juvénile.

J’avais alors un problème chronique d’hypoglycémie. Résultat d’une vie végétarienne sans connaissances nutritionnelles. Les heures supplémentaires de travail n’arrangeaient rien.

Ils m’ont envoyé à Gainesville, où j’ai été assistant coordinateur de communauté pendant un an et demi. J’ai beaucoup aimé. Le seul problème, c’est que j’étais très attirée par un des premies. Nous nous échappions de temps en temps pour faire l’amour, boire du vin, et fumer des cigarettes. Nous rentrions à l’ashram vers 3h du matin ! Je me réveillais le matin avec un sentiment de culpabilité, et je ne lui parlais plus pendant des jours.

Lors de la visite d’un instructeur, je me souviens de lui avoir demandé: “Penses-tu que je devrais utiliser un diaphragme pour ne pas risquer d’être enceinte ?” Sa réponse a été: “Je crois que tu devrais plutôt décider si tu veux vivre à l’ashram ou pas.” Un instructeur a fini par venir par venir nous demander à moi, à mon petit ami, au coordinateur de communauté et à sa petite amie, la “mère d’ashram”, de quitter l’ashram. Ils l’ont fait. J’ai quand même essayé de l’amadouer en lui disant que je pourrais peut-être vivre au “pré-ashram”, et que si j’en avais encore envie dans 6 mois, je pourrais revenir à l’ashram.

Ce fut un passage difficile. J’ai rapidement été renvoyé de mon travail parce que j’avais invité ma patronne à un programme, et elle avait été inquiétée par les prosternations. Je n’avais pas de voiture, et les programmes de satsang étaient à l’autre bout de la ville. Je me souviens que j’ai pleuré et pleuré.

J’ai tenu un mois. Puis nous avons déménagé, mon ami et moi, à Atlanta. J’ai fini par déménager encore vers une autre ville de la côte Est 2 mois plus tard, pour prendre un travail dans une entreprise dirigée par un premie, et vivre dans un autre pré-ashram. Qu’est-ce que j’ai été entêtée !

On nous a vraiment bourré le crâne de cette idée que la vie d’ashram était très importante. Ca a affecté beaucoup de décisions que j’ai prises dans ma vie, comme avoir des enfants (je n’en ai pas – en aurais-je eu ? Je ne saurai jamais).

Après mon arrivée dans cette ville, j’ai commencé à me concentrer sur ma carrière. J’ai aussi commencé une relation qui a duré 3 ans avec un premie d’ashram. Plus d’ashram pour moi par conséquent !

La société se portait bien, et j’ai fait beaucoup de choses. Je pense que mes dons innés et l’aide des autres m’ont aidé à réussir malgré mon absence d’études supérieures. Il est certain que ce que j’ai fait aurait été complètement différent si j’avais été au collège.

Pendant cette période, j’ai eu une relation qui a duré 9 ans avec une “non-premie” qui m’a fait entrer dans la communauté lesbienne. Je me suis fait beaucoup d’amis, j’ai participé à des compétitions de football, j’ai fait de la moto, du ski de piste et du ski de fond. J’ai eu une belle vie avec elle, et nous avons eu une belle relation amoureuse. Nous avons fini par nous séparer parce que je me suis davantage impliquée dans le “service”, que j’ai voyagé pour aller aux programmes dans d’autres pays, et elle s’est sentie abandonnée.

Puis j’ai eu une autre relation avec une femme pendant cinq ans. J’ai appris à faire du kayak dans les torrents, et j’ai fait beaucoup de vélo. Pendant cette période, j’avais un travail à temps partiel, et j’ai appris à piloter, avec une licence pour le vol aux instruments, pensant entreprendre une nouvelle carrière et devenir pilote. Mais après une sérieuse réflexion, j’y ai renoncé, et j’ai repris un poste à plein temps dans la société.

Comme j’étais impliquée dans cette société dirigée par des premies, j’ai été remarquée par le cercle rapproché de Maharaji. J’ai été invitée aux événements spéciaux, on m’a donné de bonnes places, etc … J’ai eu quelques contacts personnels avec M. 10% des actions de cette société ont été données à M, ce qui a dû lui rapporter 20 millions de dollars depuis cette date.

J’hésite à donner le nom de cette société, car je ne veux pas causer de tort à mes amis ni à mes anciens camarades de travail.

Durant toute cette période des années 1980 et 1990, je considérais toujours Maharaji comme mon seigneur. Il était une idole, et je l’aimais. Je crois que j’étais une gopi. Extérieurement, je menais une vie très normale, même pour les personnes très proches de moi; mais avec les autres premies dévoués, je pouvais devenir assez exubérante, et je pleurais tout le temps lors des programmes dévotionnels et aux vidéos. Je méditais tous les matins, et j’en avais de bonnes expériences. Principalement le sentiment d’être claire et centrée, une sorte d’amour universel.

Pendant les dernières années 1997, 1998 et jusqu’à maintenant, j’avais vraiment le sentiment de vouloir accomplir quelque chose de bien. Ca ne suffisait pas d’envoyer de l’argent pour que M puisse se déplacer en avion et faire des conférences. Je commençais à envisager de travailler bénévolement pour une soupe populaire ou quelque chose de ce type. J’admirais ma mère qui avait travaillé bénévolement pour les Alcooliques Anonymes pendant 30 ans, et je pensais à toutes les personnes qu’elle avait aidée durant toutes ces années.

Vers la fin 1998, j’ai démissionné pour faire une pause, songeant à créer ma propre société. J’avais été trop souvent confrontée au président de cette société, et j’étais prête à faire le pas.

Un mois plus tard, j’ai reçu un coup de fil de la secrétaire personnelle de M. Elle avait reçu la carte que j’avais envoyée en offrant mes services, et elle me dit qu’elle aurait l’usage d’une aide. Mes rêves recevaient une réponse ! J’ai fait mes bagages, et je suis partie quelques jours plus tard pour la Californie.

Une fois là bas, elle m’a mise au travail: ouvrir et organiser le courrier de M. C’était avant l’ouverture du site Internet. C’était assez troublant de sentir la dévotion qui coulait de toutes ces lettres. A cette époque, ça fonctionnait de la manière suivante: le comptable personnel de M vérifiait d’abord s’il y avait des chèques, et s’il n’y avait pas une carte ou une lettre en provenance d’une personne que M connaissait personnellement. Tout ceci partait pour la résidence. S’il y avait quelque chose qui provenait d’une personne ayant vraiment des problèmes, c’était envoyé à un instructeur afin qu’il prenne contact avec le premie pour l’aider (ou toute autre solution possible). Ce qui provenait de personnes offrant leurs services était classé selon leur genre, pour un usage futur. Ce qui provenait de personnes inconnues de M, disant merci etc … était entassé dans des boîtes et périodiquement détruit.

Quelques mois plus tard, le site Internet où M pouvait recevoir du courrier a été mis sur pieds. Une personne merveilleuse, une de mes très bonnes amies lorsque j’étais là bas, reçoit les emails et les classe pour M. Elle met une marque à ceux qui proviennent d’une connaissance de M, et à ceux qui proviennent d’une personne ayant des ennuis. Ca m’ennuie vraiment de penser qu’une personne comme elle, avec son potentiel, sa culture et ses qualifications personnelles passent tellement de son temps à une tâche aussi ennuyeuse, nuit et jour. Mais elle se sent honorée par une telle tâche, je suis certaine.

Mon entreprise suivante a été de chercher et de trouver un bon service d’accès à Internet, doté d’une bonne sécurité (firewalls) pour la résidence et pour le bureau où son comptable, d’autres personnes et moi même travaillions.

C’est vers cette époque que mon amie est venue en Californie, et qu’elle m’a quittée. (Après une relation qui avait duré 5 ans, et pendant laquelle nous avions acquis une maison ensemble.) Elle m’a dit qu’elle était entrée en relation un spécialiste des sectes bien connu, et que Maharaji était sans aucun doute le leader d’une secte. Je l’avais aidée pendant ses deux dernières années d’études pour l’obtention de son MBA. Elle était inquiète que je ne revienne pas, et elle avait trouvé un travail pour subvenir à ses besoins. J’ai continué à payer les dépenses de la maison pendant encore deux mois, puis je l’ai définitivement quittée. Une relation de plus ruinée pour avoir mis M à la première place dans ma vie !

Puis j’ai été impliquée dans un projet très intéressant, la livraison de son planeur à moteur Stemme en provenance d’Allemagne. C’est un jouet qui vaut 250.000 dollars. Je l’ai réceptionné aux docks de Baltimore, et je l’ai fait transporter par camion jusqu’à St. Louis, où M a suivi un stage d’entraînement de 2 jours. Il l’a utilisé deux fois, une fois avec Hans, une fois avec Amar. Puis il ne l’a plus jamais piloté. Un an plus tard environ il a décidé qu’il pensait qu’il n’était pas assez sûr, et il a fini par le mettre en vente.

Il semble qu’il a pensé que j’avais fait du bon travail, et on m’a donc proposé un autre travail, l’organisation de ses transports à partir de Juillet 1999. Ca comprenait tous ses avions (le G-IV, deux hélicoptères, et le Stemme), et son yacht. Ma tâche essentielle consistait à me faire passer pour une acheteuse prestigieuse, et à marchander avec les fabricants comme Gulfstream et Bell pour obtenir les améliorations que M souhaitait. Je devais aussi embaucher les copilotes, faire les arrangements nécessaires avec eux, et organiser les vols d’entraînement de M à la Sécurité Aérienne.

A peu près un mois après avoir accepté ce nouvel emploi, on a diagnostiqué une maladie très grave à la personne qui était sa secrétaire depuis 15 ans, et elle a quitté son poste pour une durée indéterminée. On ne savait même pas si elle allait survivre. Mais elle s’en est remise, et elle a repris son poste un an plus tard, bien décidée à faire davantage attention à sa santé. Je me suis mise à faire ce qu’elle avait fait pendant des années sans personne pour m’apprendre mon travail. Coule ou nage ma grande !

Pendant les six premiers mois, j’ai travaillé à plein temps sans salaire. C’était mon choix. Lorsqu’on m’a offert une situation officielle approuvée par M, on m’a proposé un salaire annuel de 45.000 dollars. A cette époque, c’était le salaire le plus élevé payé à un membre de son équipe personnelle, c’est à dire à son comptable et sa secrétaire, mais un tiers seulement de ce que je gagnais auparavant dans le monde des affaires. Je me rends maintenant compte que son mécanicien extrêmement dévoué, lui au moins il a un bon salaire, dieu merci. La plupart des instructeurs gagnent à peu près 30.000 dollars, tout comme beaucoup des membres de l’équipe de la résidence.

Pendant ces six mois, j’ai flotté sur un nuage. Il me rapprochait de lui, c’était une vraie lune de miel. Nous avons eu beaucoup de conversations téléphoniques privées, échangé beaucoup d’emails; il m’a vraiment passé la pommade. Il s’agissait toujours de business pour l’essentiel.

Pendant les quelques mois qui ont suivi, j’ai beaucoup travaillé avec sa premie « répartitrice » ; elle travaillait sans relâche à la logistique de ses voyages à travers les fuseaux horaires. Elle a été récemment relevée de son poste, pour laisser la place à un « professionnel ». Elle faisait un excellent travail, et il a pris une très mauvaise option en la renvoyant. Mais ceci s’est passé après mon départ, je lui laisse donc le soin d’en parler quand elle aura décidé de partir, ce qu’elle fera un jour j’espère.

M a été mécontent de quelque chose que j’ai fait à un certain moment, environ 4 mois après ma prise de poste. Il s’agissait d’une offre que j’avais envoyée au sujet d’améliorations à effectuer au G-IV. Les communications avec M étaient parfois très difficiles ; il n’était pas très doué pour exprimer précisément ce qu’il souhaitait. Il faisait les choses en amateur, et je me souviens que je me suis dit un jour que pour pouvoir faire ce travail, il fallait être capable de lire ses pensées. Je lui ai souvent envoyé des propositions qu’il avait demandées, puis je n’en entendais plus parler pendant très longtemps.

Ensuite, j’ai obtenu un grand succès pour des améliorations à l’hélicoptère Bell. J’étais à nouveau en grâces. Peu après, il m’a davantage impliquée sur place pour les finitions du G-V. Le G-V est un jet qui vaut 40 millions de $ ; il l’a voulu parce qu’il est plus vaste et parce qu’il a un plus grand rayon d’action que le G-IV.

Comment peut-il s’offrir un jet de 40 millions de dollars ? Il a un groupe de premies riches qui forment un partenariat, et c’est un investissement pour ces personnes. Les coûts de fonctionnement sont couverts par Elan Vital. Ses frais de voyage s’élèvent à 6 millions de $ par an, ce qui comprend le kérosène, les stages de vol, le salaire des copilotes, les frais financiers de l’emprunt, etc. Je me demande ce que ça coûterait s’il voyageait en première classe ! Mais ça n’est pas son genre.

Ce genre d’avion s’achète presque terminé ; il faut ensuite y installer vos accessoires de navigation particuliers, et votre aménagement intérieur. Les finitions demandent en général 7 mois. C’est un peu comme la construction d’une maison ou d’un yacht.

(La suite arrive ........... toute aussi intéressante .....)

 






Modified by Jean-Michel at Thu, Jun 03, 2004, 08:58:41

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